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Qui était André Bourvil?

Bien que disparu depuis plus de 40 ans, André Bourvil reste l’un des acteurs préférés pour bon nombre de francophones. Né le 27 juillet 1917 à Prétot-Vicquemare (Seine Maritime), André Raimbourg ne connaîtra que peu son père décédé à la veille de Noël 1918. Sa mère, Eugénie Pesquet, assume donc seule la ferme familiale mais, avec trois enfants (René, né en 1914 et Denise, née en 1918) le travail est trop rude, elle retourne donc dans son village d’enfance, à quelques kilomètres de là, à Bourville. Là, elle se remarie avec un ami d’enfance : Joseph Ménard. De cette union naîtront deux autres enfants : Marcel et Thérèse. Tout ce petit monde grandit dans la vie simple des paysans de l’époque. Les enfants fréquentent l’école communale et, le soir, aident les parents à la ferme.

Le petit André est un très bon élève, pour preuve, il sera premier du canton au certificat d’études. À l’école communale, l’instituteur, M. Lemonnier, détecte les dons artistiques d’André. En effet, celui-ci apprend la musique en autodidacte, d’abord à l’harmonica et ensuite à l’accordéon. Son talent commence d’ailleurs à être connu dans la région et il est régulièrement invité pour animer les fêtes, les mariages. .. Il a également intégré la fanfare municipale de Fontaine-le-Dun où il joue du cornet à pistons. Avec quelques amis, il anime régulièrement les bals des environs, c’est à l’occasion d’un de ceux-ci qu’il rencontrera Jeanne Lefrique avec qui il partagera sa vie. En activité principale, André est mitron à Saint-Laurent en Caux puis à Rouen. Devançant l’appel de l’armée, André rentre à la musique du 24e régiment d’infanterie à Paris.

Paris, la ville lumière, en cette année 1937, on est encore loin de penser à cette Allemagne où grandit le nazisme. À cette époque, les crochets sont à la mode, sorte de concours de chant pour amateurs. André y fait ses premières armes sous le pseudonyme d’Andrel, en hommage à son idole Fernandel et ce, avec un succès certain. Mais la guerre éclate et voici André sur le front comme brancardier. À peine arrivé, il se replie à Larzac où il rencontre Étienne Lorin, imprimeur de son état et accordéoniste amateur. Là, se noue une amitié indéfectible.

Étienne compte vivre de son instrument et monter à Paris dès la fin du conflit, André le suivra. À Paris, en 1941, la ville est sous le joug allemand et les deux amis font 36 métiers et courent le cachet de cabaret en cabaret. Le succès commence à venir, les créations des deux hommes font mouche, « Timichiné la Pou-Pou », « Houpetta-la-Bella » et surtout « Les crayons » contribuent à faire connaître André ou plutôt Bourvil, nouveau nom de scène emprunté à son village d’enfance. C’est Jean-Jacques vital et son émission « Pêle-mêle » sur Radio Luxembourg qui lanceront définitivement la carrière de l’artiste.

Vint ensuite le cinéma, d’abord par un petit rôle dans « La Ferme du Pendu » de Jean Dréville et ensuite en vedette dans « Pas si bête » d’André Berthomieu. Les films s’enchainent, tantôt drôles, tantôt tendres ou dramatiques. La consécration viendra avec « La Traversée de Paris », film pour lequel Bourvil reçoit la coupe « Volpi » Grand prix d’interprétation masculine à la biennale du Festival de Venise 1956, prix considéré à l’époque comme l’Oscar européen.

À côté de son actualité cinématographique, André continue d’enregistrer des chansons et, comme à l’écran, elles sont tantôt drôles, tantôt tendres. De plus, l’opérette a pris une place importante avec de grands succès comme « La route fleurie » et « Pacifico », le théâtre aussi avec « La bonne planque ». Bourvil sera également à la base, avec ses amis Louis de Funès et Gérard Oury, de deux des plus gros succès du box office français : « Le corniaud » et « La Grande Vadrouille » André Bourvil disparaîtra le 23 septembre 1970 quelque temps après le tournage du « Mur de l’Atlantique ». Il repose aux côtés de « sa » Jeanne, disparue en 1986, au cimetière de Montainville dans les Yvelines là où il possédait sa maison de campagne et aimait se ressourcer en famille